CharlesPĂ©guy - La mort n'est rien. Un des mes clients est dĂ©cĂ©dĂ© d'une grave maladie, je ne le connaissais pas beaucoup. Mais ce matin j'ai retrouvĂ© sur mon bureau dĂ©posĂ© par mon boss un mĂ©morial parlant et racontant cette personne. Sur ce mĂ©morial j'ai trouvĂ© un texte du poĂšte français Charles PĂ©guy, ce texte m'a rĂ©ellement Ă©mu. C'est pour celĂ  que je le StreamLa mort n'est rien - Charles PĂ©guy - Dominique Piat by Jean-Pierre HanĂ© , "Mon petit théùtre sonore" on desktop and mobile. Play over 265 million tracks for free on SoundCloud. PoĂšmede Charles PEGUY La mort n’est rien, je suis simplement passĂ© dans la piĂšce Ă  cĂŽtĂ©. Je suis moi, vous ĂȘtes vous. Ce que nous Ă©tions les uns pour les autres, nous le sommes toujours. Donnez-moi mentionnedans un article que le poĂšme « La mort n’est rien », souvent attribuĂ© Ă  Charles PĂ©guy n’a en fait pas Ă©tĂ© Ă©crit par ce dernier. Extrait : « Le texte intitulĂ© « La mort n’est rien » est HenryScott Holland (nĂ© le 27 janvier 1847 et mort le 17 mars 1918) est un thĂ©ologien et Ă©crivain britannique, Regius Professor of Divinity Ă  l'UniversitĂ© d'Oxford.Il est Ă©galement chanoine de Christ Church, Oxford. En mai 1910, alors qu'il est chanoine Ă  la cathĂ©drale Saint-Paul de Londres, Henry Scott Holland prononce un sermon, peu aprĂšs la mort du roi Édouard VII, dĂ©cĂ©dĂ© le 6 Vay Nhanh Fast Money. PubliĂ© le 05/09/2014 Ă  1655 Cent ans aprĂšs sa disparition, les mots de Charles PĂ©guy rĂ©sonnent encore avec une justesse dĂ©concertante. Rue des Archives/Rue des Archives/Tallandier L'Ă©crivain français est mort au combat le 5 septembre 1914. À l'occasion du centenaire de sa mort, voici un florilĂšge de rĂ©flexions trĂšs actuelles du fondateur des Cahiers de la sa prĂ©face de PĂ©guy tel qu'on l'ignore Gallimard, 1973, Jean Bastaire se demande quand Charles PĂ©guy va-t-il enfin sortir de ce placard hypocrite et dĂ©suet oĂč l'a confinĂ© la seconde moitiĂ© du siĂšcle?». Un temps balayĂ© des rĂ©fĂ©rences culturelles, Charles PĂ©guy revient, plus actuel que jamais. Cent ans aprĂšs sa disparition, ses mots rĂ©sonnent encore avec une justesse dĂ©concertante. Sur la politique, l'enseignement, l'argent, les grandes problĂ©matiques de notre temps, Charles PĂ©guy nous parle encore.● Le monde politiqueLe parti politique socialiste est entiĂšrement composĂ© de bourgeois intellectuels.» L'Argent, 1913AussitĂŽt aprĂšs nous commence le monde que nous avons nommĂ©, que nous ne cesserons pas de nommer le monde moderne. Le monde qui fait le malin. Le monde des intelligents, des avancĂ©s, de ceux qui savent, de ceux Ă  qui on n'en remontre pas, de ceux Ă  qui on n'en fait pas accroire. Le monde de ceux Ă  qui on n'a plus rien Ă  apprendre. Le monde de ceux qui font le malin. Le monde de ceux qui ne sont pas des dupes, des imbĂ©ciles. Comme nous. C'est-Ă -dire le monde de ceux qui ne croient Ă  rien, pas mĂȘme Ă  l'athĂ©isme, qui ne se dĂ©vouent, qui ne se sacrifient Ă  rien. Exactement le monde de ceux qui n'ont pas de mystique. Et qui s'en vantent.» Notre Jeunesse, 17 juillet 1910● La rĂ©volutionUne rĂ©volution n'est pas une opĂ©ration par laquelle on se contredit. C'est une opĂ©ration par laquelle rĂ©ellement on se renouvelle, on devient nouveau, frais, entiĂšrement, totalement, absolument nouveau. Et c'est en partie pour cela qu'il y a si peu de vĂ©ritable rĂ©volution dans le monde moderne. Jamais on n'avait tant parlĂ© de RĂ©volution. Jamais on n'a Ă©tĂ© aussi incapable de faire aucune vĂ©ritable rĂ©volution, rĂ©novation, innovation. Parce que jamais aucun monde n'a autant manquĂ© de fraĂźcheur.» Suite de Notre Patrie, novembre 1905.● L'enseignementIl n'y a jamais eu de crise de l'enseignement ; les crises de l'enseignement ne sont pas des crises de l'enseignement ; elles sont des crises de vie. Quand une sociĂ©tĂ© ne peut pas enseigner, c'est que cette sociĂ©tĂ© ne peut pas s'enseigner ; c'est qu'elle a honte, c'est qu'elle a peur de s'enseigner elle-mĂȘme ; pour toute humanitĂ©, enseigner, au fond, c'est s'enseigner ; une sociĂ©tĂ© qui ne s'enseigne pas est une sociĂ©tĂ© qui ne s'aime pas ; qui ne s'estime pas ; et tel est prĂ©cisĂ©ment le cas de la sociĂ©tĂ© moderne.» Pour la rentrĂ©e, 1904● L'argentPour la premiĂšre fois dans l'histoire du monde l'argent est maĂźtre sans limitation ni mesure. Pour la premiĂšre fois dans l'histoire du monde l'argent est seul en face de l'esprit. Pour la premiĂšre fois dans l'histoire du monde l'argent est seul devant Dieu.» Note conjointe, 1er aoĂ»t 1914● L'artUne vĂ©ritable Ɠuvre d'art ne naĂźt pas piĂšce de musĂ©e. Mais elle naĂźt dans un pays parmi des hommes et des mƓurs. L'idĂ©al n'est pas que les Ɠuvres soient couchĂ©es quelque part dans un cimetiĂšre universel, mais l'idĂ©al est que les fleurs et les Ɠuvres naissent, poussent, croissent, demeurent libres dans la terre natale, et qu'elles y accueillent le visiteur en voyage. Aujourd'hui, au contraire, c'est le visiteur inerte qui fait voyager les Ɠuvres.» RĂ©ponse brĂšve Ă  JaurĂšs, 4 juillet 1900● L'EgliseL'Eglise ne se rouvrira point le peuple Ă  moins que de faire, elle aussi, elle comme tout le monde, Ă  moins que de faire les frais d'une rĂ©volution Ă©conomique, d'une rĂ©volution sociale, d'une rĂ©volution industrielle, pour dire le mot d'une rĂ©volution temporelle pour le salut Ă©ternel.» Notre Jeunesse, 1910● La presseOn conduit aujourd'hui les lecteurs comme on n'a pas cessĂ© de conduire les Ă©lecteurs. La presse constitue un quatriĂšme pouvoir. Beaucoup de journalistes, qui blĂąment avec raison la faiblesse des mƓurs parlementaires, feraient bien de se retourner sur soi-mĂȘme et de considĂ©rer que les salles de rĂ©daction se tiennent comme les Parlements. Il y a au moins autant de dĂ©magogie parlementaire dans les journaux que dans les assemblĂ©es. Il se dĂ©pense autant d'autoritĂ© dans un comitĂ© de rĂ©daction que dans un conseil des ministres ; et autant de faiblesse dĂ©magogique. Les journalistes Ă©crivent comme les dĂ©putĂ©s parlent. Un rĂ©dacteur en chef est un prĂ©sident du conseil, aussi autoritaire, aussi faible.» De la Raison, 1901. Pourquoi avoir choisi ce poĂšme plutĂŽt qu’un autre ? C’est trĂšs simple, la premiĂšre fois que j’ai entendue ce poĂšme, c’était Ă  l’enterrement de ma grand-mĂšre. C’était mon pĂšre qui lisait ce poĂšme devant toute l’assemblĂ©e. Et depuis ce jour, ce poĂšme a laissĂ© en moi, une idĂ©e particuliĂšre de la mort. Je ne me fais pas une idĂ©e triste ou malheureuse de la mort, mĂȘme si cela reprĂ©sente pour moi l’inconnu. Je pense que cela dĂ©pend de l’éducation que l’on reçoit et des croyances auxquelles nous croyons. Personnellement, chez moi, nous sommes ChrĂ©tiens et donc l’idĂ©e de mort ne signifie pas la fin, mais quelque chose d’autre, qui continu, ainsi que l’idĂ©e que les morts restent a nos cotĂ©s pour veiller sur nous. Ce poĂšme illustre parfaitement cette idĂ©e, ce n’est pas complĂštement fini et ils sont toujours lĂ . Quelque chose continu, une prĂ©sence reste, c’est certain. Notre vie , elle, est terminĂ©e. Notre corps ne prendra plus les empruntes du temps, une fois que notre Ăąme aura quittĂ© son enveloppe terrestre pour partir vers l’invisible. La mort ne signifie pas la fin. La mort n’est qu’un passage entre les deux mondes. Quand notre vie fini dans celle-ci, c’est une nouvelle vie qui commence dans l’autre. Je ne suis pas inquiĂšte quant a la mort, et ce poĂšme y est pour beaucoup. Depuis le jour oĂč je l’ai entendu de la bouche de mon pĂšre, comme s’il parlait au nom de ma mĂ©mĂ©, j’ai compris que la mort Ă©tait inĂ©vitable mais qu’elle n’avait en elle rien de triste, si ce n’est la perte d’un ĂȘtre cher. Mais qu’elle ressemble plutĂŽt a une sorte d’ happy-end . GrĂące a ce poĂšme, les morts restent dans nos mĂ©moires, de maniĂšre heureuse, et restent a nos cotĂ©s. C’est une douce image de la mort que nous dĂ©voile Charles PĂ©guy. Une image qui me convient parfaitement. Le 5 septembre 1914 Ă  Villeroy-sur-Marne, rĂ©sonnent les premiers affrontements d’une grande guerre. Français et Allemands imaginent que ça ne durera pas, et les soldats montent en premiĂšre ligne avec l’enthousiasme des eux, un intellectuel qui ne verra jamais cette guerre s’enliser dans les tranchĂ©es en fin d’aprĂšs-midi, le lieutenant PĂ©guy, 41 ans, est Ă  la tĂȘte de son unitĂ© quand l’ennemi ouvre le feu. Ardent patriote, il reste debout quand ses hommes s’aplatissent. TouchĂ© en plein front, il s’effondre dans un cri Mon Dieu, mes enfants
 »Ainsi figure-t-il parmi les hĂ©ros de la pensĂ©e française ! Le voilĂ  sacrĂ©. Ce mort est un guide, ce mort continuera plus que jamais d’agir, ce mort plus qu’aucun est aujourd’hui vivant », s’exclame son ennemi politique Maurice Daudin, prĂ©sidente de l’association des Amis de Charles PĂ©guy, tempĂšre la vision hĂ©roĂŻque de l’homme sacrifiĂ© "Il est mort Ă  la guerre comme des millions de soldats de part et d’autre, dans un massacre absurde. C’est une tragĂ©die pour lui comme pour tous les autres. "Cent ans aprĂšs, pourquoi PĂ©guy ? Parce que l’homme de son temps mort au champ d’honneur Ă©tait un visionnaire il a encore tant Ă  nous dire. Un homme libre PĂ©guy est mort avant d’ĂȘtre cĂ©lĂšbre », rappelle encore Claire Daudin ƒuvres poĂ©tiques et dramatiques, Charles PĂ©guy, sous la direction de Claire Daudin, La PlĂ©iade/Gallimard, sortie le 18 septembre 2014, 1 888 p. ; 67,50 €.Son passage Ă  la postĂ©ritĂ© a connu, d’ailleurs, des hauts et des bas. Notamment parce qu’une bonne partie de son Ɠuvre n’a Ă©tĂ© publiĂ©e qu’aprĂšs sa mort, grĂące au travail constant de sa famille. Tout au long du XXe siĂšcle, sa pensĂ©e a Ă©tĂ© malmenĂ©e et les tentatives de rĂ©cupĂ©ration furent nombreuses », confie Olivier PĂ©guy, arriĂšre-petit-fils de l’écrivain. Socialiste ? Traditionaliste ? Nationaliste ? AthĂ©e ou catholique ? Trop souvent, une lecture parcellaire permet de tirer PĂ©guy Ă  faut reprendre l’ensemble de l’Ɠuvre pour sortir des catĂ©gories un penseur inclassable et suffisamment complexe pour dĂ©router "L’homme n’est pas linĂ©aire, poursuit son descendant. Il faut plonger dans son Ɠuvre, se laisser bousculer, et les portes s’ouvrent, une Ă  une. "Charles PĂ©guy est nĂ© le 7 janvier 1873, Ă  OrlĂ©ans son pĂšre meurt quelques mois plus tard, et l’enfant grandit entre sa mĂšre, rempailleuse de chaises, et sa condition modeste qui ne l’empĂȘche pas de suivre une scolaritĂ© brillante, bientĂŽt poussĂ© vers Normale sup’. En 1891, l’étudiant dĂ©couvre Paris, se passionne pour les lettres, la philosophie, s’enflamme pour les idĂ©es politiques, Ă©pouse le socialisme naissant
Et dĂ©fend Dreyfus. C’est avec fougue que l’étudiant s’engage dans le combat socialiste, proche de JaurĂšs, militant sans relĂąche jusqu’à ce que le parti » s’ de question, pour PĂ©guy, de confesser un catĂ©chisme qui sacrifie les idĂ©es Ă  la discipline communautaire. S’il a paru souvent changer d’avis, de parti, de religion, PĂ©guy est pourtant l’homme de la fidĂ©litĂ©. FidĂ©litĂ© Ă  la libertĂ©. LibertĂ© de penser, libertĂ© de conscience, libertĂ© de croire. Un chrĂ©tien subversif En 1899, le congrĂšs socialiste admet le principe de la censure dans les journaux du Parti
 PĂ©guy ne le supporte pas Nous marcherons contre vous de toutes nos forces » lance-t-il Ă  ses anciens homme entier donc, qui se retrouve seul. En janvier 1900, il crĂ©e Les cahiers de la Quinzaine , une revue qu’il a tenue Ă  bout de bras, pendant quatorze annĂ©es, fournissant lui-mĂȘme la majeure partie du critique, notamment, les dĂ©rives totalitaires, commente sans concession l’actualitĂ© politique, la puissance de l’argent, les compromissions. Sa ligne Ă©ditoriale est nette "Dire la vĂ©ritĂ©, toute la vĂ©ritĂ©, rien que la vĂ©ritĂ©, dire bĂȘtement la vĂ©ritĂ© bĂȘte, ennuyeusement la vĂ©ritĂ© ennuyeuse, tristement la vĂ©ritĂ© triste. "PĂ©guy travaille beaucoup, Ă©crit sans arrĂȘt
 Essais polĂ©miques mais aussi poĂ©sie, articles, prose. Il dĂ©nonce le monde moderne Son travail, c’est prĂ©cisĂ©ment de dĂ©ranger, voire de mĂ©contenter, d’ouvrir le dĂ©bat et non pas d’aller dans une direction donnĂ©e », rappelle Claire penseur dĂ©route, et il sait bien qu’il n’est pas toujours audible Un fatras vivant vaut mieux qu’un ordre mort. »Face au monde politique, PĂ©guy ne cache pas sa dĂ©sillusion Il est une sentinelle qui rappelle Ă  la sociĂ©tĂ© les promesses oubliĂ©es, analyse l’écrivain Emmanuel Godo l’intellectuel doit rappeler l’idĂ©al, le feu sacrĂ©, sans lequel il n’y a pas de sociĂ©tĂ© humaine » Pourquoi nous battons-nous ? Les Ă©crivains face Ă  leur guerre, Emmanuel Godo, Cerf, 2014, 384 p. ; 24 €..Et voilĂ  que, dans cette tension intellectuelle, PĂ©guy se rĂ©vĂšle croyant. Ce n’est pas vĂ©ritablement une conversion, plutĂŽt une conviction, une Ă©vidence qui le cueille en 1908 Dieu, qui propose son alliance dĂšs l’Ancien Testament, ne s’impose pas. Dieu ne demande pas la soumission, mais une adhĂ©sion fils d’OrlĂ©ans s’attache Ă  la figure tutĂ©laire de Jeanne d’Arc qui n’est pas encore politisĂ©e. En elle, il trouve un modĂšle d’engagement et de contradiction aussi PĂ©guy pourrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un catholique anticlĂ©rical » dont la foi dĂ©poussiĂšre la religiositĂ© confinĂ©e et ouvre grandes les maniĂšre, peut-ĂȘtre, de dĂ©finir une thĂ©ologie de la libertĂ© » qui n’est pas moins exigeante que l’ordre Ă©tabli. Une pensĂ©e qu’on retrouvera chez Emmanuel Mounier ou le protestant Jacques Ellul, avec son livre La subversion du christianisme de Jacques Ellul, La Table ronde, 2004, 324 p. ; 8,70 €. Si PĂ©guy Ă©tait bouleversĂ© par l’art chrĂ©tien – Chartres et sa cathĂ©drale ! –, sa foi le renvoie au plus concret de l’existence Le spirituel est constamment couchĂ© dans le lit de camp du temporel », souligne ce croyant fervent et idĂ©aliste. Un gĂ©nie Ă  dĂ©couvrir Pour lui, la foi est un tel feu qu’elle ne peut se contenter de demi-mesure, et qu’elle dĂ©borde toute institution, prĂ©cise Emmanuel Godo, qui ajoute PĂ©guy est un paysan cĂ©leste, la langue se laboure, se travaille Ă  partir du rĂ©el, de l’incarnation. »â–ș Son. Adieu Ă  la Meuse, de Charles PĂ©guy. Car cette pensĂ©e de haute volĂ©e se conjugue Ă  un gĂ©nie de la langue. Une langue, un style, qui nĂ©cessitent un peu d’investissement pour ĂȘtre compris PĂ©guy n’est pas l’adepte moderne du mot d’esprit ou de la formule Ă  l’ pourtant, il est rĂ©solument contemporain comment sa recherche d’absolu ne serait-elle pas Ă  l’unisson avec la quĂȘte moderne de sens ? Cent ans aprĂšs sa mort, Charles PĂ©guy me donne des nouvelles “de son cƓur et de son Ăąme” et m’apparaĂźt comme un prophĂšte dont les Ɠuvres parlent Ă  notre temps », Ă©crit Michael Lonsdale PĂ©guy, entre ciel et terre, Michael Lonsdale, Éd. Cerf, 2014, 213 p.; 19 €.Sorti des programmes scolaires, PĂ©guy connaĂźt malgrĂ© tout un petit cercle d’inconditionnels, eux-mĂȘmes souvent inclassables le politique François Bayrou, le journaliste Jacques Julliard, le philosophe Alain Finkielkraut, l’écrivain Yann Moix
En 2014, il reste un insurgĂ© visionnaire. Un libertaire ordonnĂ©. Un indispensable compagnon de route. Un lanceur d’alerte. Un vigilant rĂ©publicain. Un socialiste franciscain. Un chrĂ©tien de la citĂ© harmonieuse », Ă©crit Damien Le Guay Les hĂ©ritiers PĂ©guy, Éd. Bayard, Damien Le Guay, 2014, 356 p. ; 19,90 €.On en revient Ă  la libertĂ© de pensĂ©e, mĂȘme penser contre soi-mĂȘme », et croire en dehors des sentiers battus des pieuses habitudes. S’il est aujourd’hui si souvent invoquĂ©, c’est sans doute parce que c’est un homme libre, un homme qui ne s’économise pas, un homme consumĂ© par ses idĂ©es et qui meurt au front. BibliObs. Que vous inspire le PĂ©guy journaliste, pamphlĂ©taire Edwy Plenel. Les Cahiers de la quinzaine» forment l’Ɠuvre de PĂ©guy, son Ɠuvre-vie», dont il Ă©tait le seul maĂźtre, comme Maurice Nadeau sera le seul maĂźtre de ce qui s’est appelĂ© justement la Quinzaine littĂ©raire». En tant que gĂ©rant des Cahiers», PĂ©guy a publiĂ© toute sorte d’articles, d’enquĂȘtes. On oublie trop ce qu’il appelait le journalisme de renseignement», gouvernĂ© par la fameuse formule Dire la vĂ©ritĂ©, toute la vĂ©ritĂ©, rien que la vĂ©ritĂ©, dire bĂȘtement la vĂ©ritĂ© bĂȘte, ennuyeusement la vĂ©ritĂ© ennuyeuse, tristement la vĂ©ritĂ© triste». Des articles sur la question coloniale, sur le gĂ©nocide des ArmĂ©niens, les questions internationales, sur la condition des instituteurs, que sais-je. Et cela en plus de la littĂ©rature. Et puis, il y a ce qu’écrit PĂ©guy lui-mĂȘme, et qu’on retrouve dans les trois tomes de la PlĂ©iade. Alors lĂ , ce que j’admire, c’est l’invention formelle. Je suis de ceux qui prĂ©fĂšrent sa prose Ă  sa poĂ©sie – non pas que sa poĂ©sie soit mĂ©diocre, mais elle est plus classique. Sa prose, qui est ruminante, qui ressasse, qui revient par vagues et envolĂ©es, est authentiquement inventive et unique. Elle n’a rien de journalistique», de formatĂ©, elle ne rĂ©pond Ă  aucune exigence de pĂ©dagogie», de transmission», et se soucie assez peu du public. Mais c’est un objet formel assez fascinant, et qui va de pair avec sa maniĂšre de ne jamais renvoyer de droits d’auteur, de ne jamais faire de citations derriĂšre sa rumination, il y a tout ce qu’il a lu
 Ensuite il y a la colĂšre contre son Ă©poque, qui est trĂšs semblable Ă  la nĂŽtre. Une Ă©poque de transition, de rĂ©volution industrielle, de spĂ©culation financiĂšre, un Ă©branlement Ă©conomique, gĂ©opolitique, social. Et il est en colĂšre contre l’universelle marchandise. VoilĂ  sa cible l’abaissement dans la marchandise, dans l’argent. Et c’est le socle de sa colĂšre l’universelle marchandise, qui prend tout, qui prostitue tout, qui uniformise tout. La question de son basculement dans le patriotisme et le nationalisme est plus complexe. Il Ă©volue. Je ne suis pas du PĂ©guy de la fin, du PĂ©guy qui envoie JaurĂšs dans une charrette avec des roulements de tambour, mĂȘme si, dans cette Ă©volution, PĂ©guy ne cĂšde pas sur l’antisĂ©mitisme. Il a Ă©crit des pages sur les Allemands qui sont une vision essentialiste des civilisations, des cultures d’un cĂŽtĂ© la civilisation, et c’est la France, et d’un autre cĂŽtĂ© la barbarie, et c’est l’Allemagne. Mais sa colĂšre, le socle de cette colĂšre, n’a pas de postĂ©ritĂ© politique univoque elle donne aussi bien les nationalistes que les libertaires, et ceux qui rĂ©sistent contre la servitude. Si PĂ©guy arrivait Ă  Mediapart avec un article, Ă©crit dans son style, le prendriez-vous? Bien sĂ»r ! Vous n’avez qu’à lire ce que nous publions, qui est d’une trĂšs grande diversitĂ© d’écriture nous sommes dans une culture du free speech. Non seulement je les prendrais, mais on peut dire que les colĂšres pĂ©guystes d’aujourd’hui se trouvent plus dans Mediapart que dans les vitupĂ©rations de M. Finkielkraut. Propos recueillis par Jacques Drillon Entretien rĂ©alisĂ© - comme cet autre avec Yann Moix - dans le cadre de notre enquĂȘte sur l'Ă©tonnante postĂ©ritĂ© de Charles PĂ©guy, Ă  lire dans "le Nouvel Observateur" du 13 fĂ©vrier 2014. L'amour ne disparaĂźt pas de Charles PĂ©guy La mort n'est rien je suis seulement dans la piĂšce d'Ă  cĂŽtĂ© Je suis moi, vous ĂȘtes vous Ce que j'Ă©tais pour vous, je le resterai toujours Donnez moi le prĂ©nom que vous m'avez toujours donnĂ© Parlez moi comme vous l'avez toujours fait N'employez pas un ton diffĂ©rent Ne prenez pas un ton solennel ou triste Continuez Ă  rire de ce qui nous faisait rire ensemble Priez, souriez, pensez Ă  moi Que mon prĂ©nom soit prononcĂ© Ă  la maison Comme il l'a toujours Ă©tĂ© Sans emphase d'aucune sorte, sans trace d'ombre ! La vie signifie ce qu'elle a toujours signifiĂ© Elle est toujours ce qu'elle a Ă©tĂ© Le fil n'est pas coupĂ© Pourquoi serais-je hors de votre pensĂ©e Simplement parce que je suis hors de votre vue ? Je vous attends Je ne suis pas loin, Juste de l'autre cĂŽtĂ©...

charles peguy la mort n est rien